Partie du 18 octobre :

Gerhardt Von Staufen, Willy le rouquin et John arrivent à Saint Malo en cette belle matinée de juin 1715. Les 3 hommes ont entendu parler du Saint Michel, ce vaisseau marchand qui partira demain en direction de la Louisiane. Le départ d’une nouvelle vie.

En sortant d’une ruelle longeant les remparts ils arrivent sur la place du port, dont les pavés sont recouverts de ballots, d’animaux en cage et de marchandises.
L’activité bat son plein ce matin. Une odeur de sel marin et de vase leur monte au nez. Il y a foule aujourd’hui : les charrettes pleines de marchandises, les marins, les enfants sales jouant aux pirates avec des épées en bois, etc.
Sur l’eau, une centaine de barques et de chaloupes font un va et vient incessant entre la terre ferme et les navires. On trouve 4 ou 5 flûtes marchandes, de beaux bateaux de commerce d’une cinquantaine de mètres de long pouvant accueillir une centaine de marins, avec 10 sabords de chaque coté, laissant deviner la gueule noire des canons se trouvant probablement derrière. Mais ces bateaux ne sont rien comparés aux immenses 3 ponts, 2 navires de guerre de la Marine française pouvant accueillir jusqu’à 800 personnes et qui arborent eux 3 rangées de 10 sabords de chaque coté.

Nos 3 aventuriers se rendent donc à l’auberge du Poney Fringant, située sur le port, pour se faire embaucher et faire le voyage de leur vie. L’auberge est animée et ils ne sont pas tout seuls à l’entretien d’embauche. Le quartier-maître du Saint Michel, Maître Gimms, les reçoit chacun leur tour en leur demandant nom, prénom (difficile pour John, n’ayant pas de nom) et ce qu’ils savent faire. Ayant besoin d’hommes, ils sont de toute façon engagés.
Au bout d’un moment un commis entre dans l’auberge, s’approche et souffle quelques mots à l’oreille du quartier-maître. Celui ci réfléchi et demande à nos pirates en herbe d’aller chercher/retrouver Bastien Maugemeur, le pilote du Saint Michel, qui aurait déjà dû être à bord du bateau qui appareille demain matin. Bagarreur, buveur et coureur de jupons, il est sûrement en train de décuver chez lui. Il leur donne l’adresse de son domicile et continue son recrutement.
Les 3 hommes se dirigent donc vers la maison mais trouvent porte fermée. Usant de sa finesse légendaire, John défonce la porte. L’intérieur est sale, sombre et vide. Des cadavres de bouteilles jonchent le sol et le lit est défait. John retourne le minuscule appartement, prend quelques pièces de huit au passage et ressort dehors. Ils se dirigent vers l’auberge de « l’Hydromel écarlate » ,située quelques mètres plus bas, pour essayer de trouver le pilote. L’auberge est déjà bondée. Il n’y a pas d’heures pour un verre de rhum, comme peuvent s’en rendrent compte Willy et John. En effet, bien qu’ayant essayé d’intimider l’aubergiste (mais n’ayant pas réussi, le tenancier étant habitué aux soiffards), John est obligé d’acheter un verre pour avoir des info. Willy, lui commence sa formidable matinée en piquant une pièce dans la poche de son voisin. Il en profite pour lui boire son verre de rhum, il n’y a pas de petits profits. Le tenancier leur répond finalement que Bastien, le pilote, n’était pas là hier, mais qu’il est un habitué de l’auberge un peu plus loin, « L’écrevisse berrichonne ».
Les voilà donc parti pour leur tournée des bars à 10h du matin.
Rebelote : Willy fait les poches d’un jeune noble venu s’encanaillé, tandis que Gerhardt et John apprennent que Bastien a passé toute la soirée a jouer aux cartes, qu’il est reparti seul, mais qu’il était suivi de 4 hommes. La garde étant arrivée peu après, il semblerait qu’une altercation ait eu lieu.
Dans la ruelle étroite et sombre, quelques traces de combat subsistent : des poubelles renversées et surtout une flaque de sang.
Gerhardt marchande avec des gamins des rues pour qu’ils retrouvent le pilote. En attendant les 3 compères s’en vont vers la prison.
Quand ils y arrivent, le garde, peu avenant, leur confirme que l’homme recherché est présent. Mais vu qu’il s’est défendu et à même donner quelques coups avant de se faire embarquer, la caution est de 10 pièces de huit pour le laisser sortir.
Un peu de négociation et le prix descend à 5 pièces de huit.
Willy, lui, ne fait pas le malin : il sait qu’il est recherché par les autorités, et une goutte de sueur coule le long de sa tempe. Mais les gardes ne lui montrent pas d’intérêt.
Dans la cellule, ils entendent des vociférations et des insultes à l’égard de nos amis de la maréchaussée.
Les 3 hommes payent, et John en profite pour mettre une calotte au pilote pour le faire arrêter de gueuler comme une poissonnière. Le regard en retour est furieux et courroucé, mais ça ne va pas plus loin.
En sortant, Bastien leur explique qu’hier soir il a joué et gagné gros : un peu d’or, mais surtout les carnets de voyages de William Dampier, un navigateur célèbre du siècle dernier. Un trésor inestimable pour tout pilote, qu’il compte bien récupérer ! Il promet une pièce a nos amis s’ils l’aident a récupérer son bien acquis en tout bien tout honneur.
Ils retrouvent Thomas Aigremont, l’homme qui avait perdu le précieux carnet puis l’avait récupéré en tabassant Maugemeur, assis à une table dans une auberge, avec 3 hommes avec lui.
Willy se cache derrière les 1m90 de John. La bagarre ce n’est pas son truc à Willy.
John, lui, oui. D’un regard froid comme l’hiver sans les mers du Nord, un des hommes d’Aigremont décide soudain d’aller aux toilettes. Une envie présente n’attend pas, que voulez vous.
Le reste du groupe se réunit dans la ruelle derrière pour une séance de pugilat…jusqu’à ce que les talents de persuasion de Gerhardt n’entrent en scène. Le hollandais réussit a convaincre tout le monde , contre toute attente, qu’il s’agit d’une histoire entre Bastien et Thomas, et que donc c’est à eux de se battre. Thomas n’est pas bagarreur, Bastien beaucoup plus. Deux coups de poings et voila les carnets et la bourse de rendus.
Bastien, Willy, Gerhardt et John retournent sur leur navire, où leur nouvelle vie semble sur le point de commencer.
Pour Willy, la vie est un éternel jeux puisqu’il tente -et réussit- à piquer quelques pièces à son nouveau compagnon John. Ce coup çi ça passe, mais à bord d’un navire en mer le vol est puni. De mort parfois. Il faudra qu’il apprenne à tenir ses mains s’il ne veut pas finir pendu à la haute vergue ou balancé à l’eau par John, dont les qualités de pardon sont toutes relatives…